14.11.07
Notre Itinéraire
cliquez sur la carte pour voir l'itinéraire
Départ de France le 19 Février ...
Pérou - Lima, en mars - Puno, en avril
Equateur - forêt amazonienne, en mai, juin et aout
Nicaragua - mission itinérante, en juillet
Bolivie - Cochabamba, en septembre et octobre
... retour en France le 31 octobre
29.09.07
Le vertige des hauteurs boliviennes
Bolivia...
Un pays haut perché. Des villages perchés dans la Cordillère des Andes, ses sommets lointains enneigés, l'infini Altiplano. Une capitale perchée, La Paz plus haute que toutes les autres capitales du monde, une capitale où les riches vivent paisiblement en bas, pendant que le reste du peuple se retrouve dans El Alto. Perché aussi le grand lac Titicaca, le mythique Lac des Dieux, avec ses eaux froides (on le sait bien!) mais aussi d'un bleu incroyable reflétant le ciel azur, et une lumière éblouissante. Et aussi haut perchées, ce sont des millions d'étoiles qui nous sont apparues sur l'île du Soleil, et dans cette jungle d'étoiles, une voie lactée très apparente, mais on ne trouve pas la Cruz del Sur...
Un pays haut en couleurs. Où que l'on soit, quel que soit le coté où l'on tourne la tête, c'est partout rempli de couleurs rouges, roses, bleues, jaunes... Couleurs des innombrables tissus, qui servent de vêtement, de sac pour porter ensemble bébés, mais, pain et ustensiles divers, ou qui servent de couverture, de tapis de sol, de nappe, de parapluie... Couleurs des bonnets et des chapeaux de toutes formes sur les têtes boliviennes. Couleurs des montagnes de fruits et de légumes sur les marchés de rue, dans les carrioles, dans les tiendas, dans les "stands" de jus de fruits. Des murs, des fenêtres aux couleurs diverses. Et jusqu'aux couleurs des joues rouges des Boliviens, des joues cramées par le soleil et le froid.
Un pays haut en traditions. Aymaras et Quechuas, Quechuas et Aymaras… Le pays d’Amérique latine où la population indigène représente la plus grande partie de la population totale. Des traditions bien visibles, dans la façon de vivre, dans les vêtements, dans le langage. Des traditions défendues. Un peuple qui aime son pays, qui le fête au travers de multiples manifestations religieuses, culturelles, durant lesquels les groupes de musique traditionnelle défilent des heures et des heures, chantant et dansant dans des costumes impressionnants, animant les villes et les villages pendant des jours entiers.
Un pays haut en contrastes. Contraste entre le surréel désert de sel de Uyuni, intouchable, loin de tout, infini, et la foret tropicale où les arbres, plantes, animaux, vivent dans l’anarchie la plus totale. Contraste entre le calme et la tranquillité imperturbable de l’Altiplano, et le bruit incessant dans les villes des cireurs de chaussures, des vendeurs d’empanadas, des crieurs de bus et des klaxons des voitures. Contraste entre les regards méfiants lancés sur les gringos et l’accueil chaleureux et sans retenue des autres mamitas remplies de petites attentions. Contraste entre une señora en jupons, chapeau et bébé dans le dos, et un mari qui passe des heures à chercher la bonne sonnerie pour son téléphone portable. Contraste entre la force des valeurs religieuses et les journaux populaires où des femmes très dénudées trônent sur toutes les pages au milieu des articles politiques. Contraste aussi entre ceux qui arrosent leur jardin luxuriant avec de l’eau potable et ceux qui n’ont accès à aucune eau, potable ou non, pour boire, cuisiner ou se laver.
Un pays haut en saveurs. Des plats divers et variés dont on ne réussira certainement pas à faire le tour en un mois ! Empanadas et saltenas, des sortes de chaussons au fromage, au poulet, aux légumes, aux œufs et autres . Humintas, semoule de mais accompagnée de fromage ou raisins secs et cuite dans des feuilles de palmier. Rellenas, des pommes de terre fourrées en tout genre. Api et tojori, boissons épaisses de mais (on adore au ptit dej !), parfois accompagnées de lait. Picante de pollo, plat de poulet épicé. Le sucumbe, genre de pisco local mélangé avec du lait battu chaud. Et puis… les fromages, les cochons d’inde, les pains, les ananas, la Paceña, les jus, les langues et les sabots des vaches, les glaces au lait et à la cannelle, les mais de toutes sortes… Saveurs salées, saveurs sucrées, on en découvre des nouvelles tous les jours.
Un pays où l’on parle haut et fort. Sur les traces du Ché, dont on se rappelle ici la mort, il y a 40 ans de ca. Des rassemblements quotidiens sur les places centrales, où des « parleurs » politiques exposent leurs idées de manière très engagée, dénoncant et entraînant avec lui les foules qui l’entourent (principalement composées d’hommes). Des populations indigènes qui s’intéressent et se battent pour l’avenir de leur pays. Des travailleurs prêts à rester plusieurs jours attachés à une croix face au public pour manifester leur mécontentement. Des messages politiques sur les murs, les poubelles, les bus. Mais par dessus tout, des Boliviens qui défendent leur pays, luttent pour leurs droits, pour la justice et l’égalité. Des Boliviens unis qui avancent main dans la main dans la direction qu’ils ont choisie.
Un si haut pays ne pouvait être mieux choisi pour terminer cette première grande aventure ! Déjà il ne nous reste plus qu’un petit mois, le temps des réflexions… Des réflexions que nous serons ravies de pouvoir partager avec vous au retour (remarque : on n’a pas dit ravies du retour, mais ravies de partager !). Pour plus d’infos aller jeter un coup d’œil dans la rubrique sensibilisation.
15.09.07
Bolivia nous voila!
Apres plus de 6 jours de bus ponctues par des pauses (une douche et une nuit dans un bon lit, ca fait parfois du bien!), nous voila en Bolivie, derniere étape de notre aventure.
Notre objectif: Rediger le guide du tourisme responsable au Nicaragua. Pour cela, on va travailler en collaboration étroite avec notre partenaire "Touscan" (Skype aidant), et avec l'equipe d'etudiants de l'association "Terre a l'an vert" qui s'est aussi rendu au Nicaragua pour completer l'etat des lieux. On a donc maintenant tous les éléments en main pour rediger un guide aussi responsable qu'utile pour les voyageurs!
Et la Bolivie? pour l'instant, nous l'avons surtout vu en bus: le lac Titicaca, (toujours aussi magique), la Paz (impressionant village de 2 millions d'habitants perché a 4600 metres). Et Cocha Bamba, notre point de chute: une ville de taille moyenne qui jouit d'un climat assez unique car il y fait doux toute l'anné. La ville a beau etre moderne, elle n'en reste pas moins depaysante, avec ses femmes en habits traditionnels des andes (gros jupons et chapeaux ronds), et ses marchés colorés, et ses défilés interminables. Bref, un chouette endroit pour sejourner tout en travaillant!
30.08.07
Le petit Indien
Il se promène tout seul, le ventre à l´air, les mains dans les poches, non il n´a pas de pantalon. Sa mère, depuis que la petite sœur est arrivée, peu de temps après lui, l´a déposé, après l´avoir porté tout contre elle, presque nuit et jour.Et depuis, il se débrouille.
Jeux avec les copains, une brouette, une machette, capturer des petits singes, ou les cameleons, bains dans la rivière attenante au village, chercher les régimes de bananes, chasser à la fronde les oiseaux, balade en pirogue, bien entendu l´ecole, mais pourquoi apprendre? Tout n´est pas dans les livres. Les anciens n´ont jamais appris dans un livre, ils savent la vie de la foret, connaissent toutes les plantes qui guérissent, qui sont dangereuses, ou qui font voyager.
Depuis que la route passe a quelques centaines de mètres du village, on n´a plus besoin de la pirogue pour aller à la ville, cela va plus vite, il passe bien 20 voitures et cars par jour. Aussi, on s´est rapproché du monde moderne, de son argent, de ses besoins, téléphone, glaces, coca,. Les vieux disent que c´était mieux avant !
La compagnie petrolière voudrait bien qu´on lui vende les terrains de la réserve, en échange d´un beau pactole pour eux, promesse de jours futurs mieux nantis. Qu´est ce nanti ? Une forêt devastée, des cours d´eau pollués. Nous l´eau, on l´a toujours bue direct de la rivière, tu crois qu´on pourra continuer sans maladies? Il faut dire que beaucoup de monde décedait deja de diarrhée, alors peut-être en discutant bien ils pourraient amener l´eau, après la route et l´électricité.
On n´a pas d´argent, on va ramasser , après l´avoir semé, le yuca, manioc, plante salvatrice des tropiques. On cueille les bananes, de toutes sortes, les petites, grandes, vertes ou jaunes, à cuisiner ou à manger tel que, pour faire du choucoulat, le matin, jus de banane, cuisine et cuit avec du sucre. Tous les 5 jours on fait la chicha, suc de yuca mélangé à une patate douce, camote, qui va faire fermenter. Plus le temps passe, plus elle est forte.
Chaque matin, on va pêcher, chasser, ramasser quelque chose à manger, si l´on a rien, on se contente de chicha, et ainsi va la vie, sans argent, sans autre but que de vivre, survivre, faire des enfants, boire le vinte cinco (vingt-cinq), rhum de canne, plutôt fort et valant un quart de dollar le quart de litre. Jouer le dimanche avec les autres de la communauté, au foot, au basket, au volley, pour un peu d´argent. L´argent, lui il vient du cacao, 80 dollars les 50 kg, après avoir planté les arbres, entretenus, ramasse les cabosses, cueilli, puis ouvert, fait sécher les petites graines, beaucoup de travail pour un bon produit qu´on ne goutera peut être jamais ! Et maintenant, depuis peu, on peut vendre les produits de l´artisanat, sacs, sombreros, colliers et bracelets, faits de fils ou cordes tressées a la main, ramassées dans la forêt, de graines soigneusement trouées, que de temps passé, pour un petit collier, ne marchandez pas trop s´il vous plait !!
Mais demain, si l´on pense à demain, quand la famille de mon grand-père et grand-mère sera passée de 2 personnes à plus de soixante, pour la même terre, maintenant, il n´y a plus comme autrefois la possibilité de défricher et de planter ou bon vous semble, que va t´on pouvoir faire pour manger, pêcher a la dynamite, il n´y a plus grand-chose à chasser.
Aller à la ville, a Quito, trouver un emploi, mais la bas il faut se loger, il faut acheter la nourriture, déjà beaucoup de jeunes reviennent, ils n´arrivent pas à s´en sortir, et la vie en ville est trop différente d´ici. Faire des études pour trouver un bon emploi, ou se faire employer par les pétroliers !
La pluie tombe à seaux, le vacarme sur les tôles du toit, la brume sur le rio, une mère passe portant de gros régimes de bananes vertes, afin de les vendre 3 à 4 dollars, la petite fille, suit de loin, pleurant sa mère, sous la pluie qui redouble. Rien n´a changé, la pluie passera, l´alcool coulera encore, les enfants, ceux qui résisteront seront forts, les pétroliers, les chocolatiers en Europe ou aux Etats Unis, s´enrichiront encore, et les vieux Indiens Kichwas, rêveront toujours de terres vierges, de rios clairs et poissonneux, et de chasses abondantes...
25.08.07
Tremblement de terre au Perou
Suite au grave tremblement de terre qui a frappé le Pérou le 15 aout dernier, provoquant des dégats considérables et la mort de milliers de personnes, nous vous transmettons le témoignage de la soeur Genevieve (cf la rubrique "rencontres singulieres").
Callao, 18 août 2007
Bien chers de la famille, amis et soeurs,
Je me sens pressée de vous écrire après le terrible tremblement de terre qui a désolé notre terre péruvienne. Tout d’abord, je veux dire à tous ceux et celles qui ont manifesté leur proximité combien cela nous a réconforté. Nous avons reçu tant de messages par téléphone ou par mail… Merci à chacun et chacune et aussi pour vos prières pour ce pauvre peuple encore une fois si touché par l’épreuve.
Je vous dirai que le choc du tremblement de terre s’est senti avec force à Lima (qui se trouve à 200 km
A Callao et Lima, de vieilles bâtisses, des maisons en adobe (briques de boues) se sont écroulées, faisant parfois quelques victimes, mais le désastre est total à Pisco, Ica et d’autres agglomérations ainsi que dans la campagne. On n’a pas terminé de visiter tous les endroits les plus reculés où se trouvent de petits hameaux et où, sûrement il y a encore des victimes et des blessés.
La ville de Pisco (environ 20.000 habitants) est pratiquement rayée de la carte, tout s’est effondré, y compris l’église et l’hôpital, écrasant quelques membres du personnel soignant et des malades. Beaucoup d’églises se sont effondrées, à une heure de messe, et c’était le 15 août, il y avait affluence ! Deux sœurs de St Vincent de Paul sont mortes et une autre religieuse est portée disparue.
A présent, les gens dans cette zone vivent à l’intempérie, passant leur nuit dans le froid, justement nous avons un hiver plus froid que d’habitude :10 degrés la nuit… Il n’y a pas d’eau, ni d’électricité, et on assiste a des actes de désespération comme l’attaque des camions qui apportent de l’aide par des gens qui ne la voient pas arriver. Tout manque. Les vivres, les vêtements, l’eau.
Face à cela, je vous dirai qu’on assiste aussi à de grands mouvements de solidarité. Une sœur de ma communauté est allée donner son sang, (malheureusement je suis « trop vieille pour le faire »), et a été impressionnée par la quantité de personnes qui faisaient la queue. Dans de nombreux points de la capitale, les gens vont porter ce qu’ils peuvent, vêtements, vivres, etc… Des équipes de secours se sont organisées pour se rendre sur les lieux… Du côté du gouvernement, les secours sont malheureusement bien désorganisés, ils arrivent dans les agglomérations de la côte, mais à l’intérieur, rien, ou bien cela va tellement lentement ! Beaucoup de gens se sentent oubliés.
Nous avons choisi, avec la paroisse, d’aider un village des environs de Pisco où se trouve un communauté dominicaine très proche de nous. Nous avons la sécurité que les secours arriveront bien à destination.
Ce qui indigne, c’est le peu d’intérêt des gouvernements qui se succèdent pour améliorer les infrastructures surtout au niveau de la santé. Ces vieux hôpitaux de province qui n’ont jamais été reconstruits, l’exiguïté des budgets en ce qui concerne le domaine de la santé. Avec l’éducation, se sont des « parents » pauvres toujours oubliés, parce que non rentables.
Merci encore pour vos prières et votre présence en ces moments où on se sent tellement impuissant. Je vous embrasse de tout cœur.
Hermana Genoveva
17.08.07
Campo Cocha, le retour
Le Nicaragua derrière nous (mais toujours bien présent dans nos têtes), un petit passage par Quito et nous voila de retour dans notre communauté quechua de la foret amazonienne equatorienne.
Objectif: mettre en place le projet de tourisme communautaire auquel on avait aboutit en juin, suite à notre étude et à la discussion avec les membres de la communauté.
Au programme pour ce mois-ci donc: formation en Anglais, cours de cuisine, discussion sur l'accueil des touristes, les dangers du tourisme, et des exemples d'expériences touristiques communautaires, formation pratique pour les familles désirant recevoir des touristes pour la nuit chez eux, et enfin organisation de la promotion du projet (creation d'un support de communication avec les etudiants de la communauté, diffusion aupres des agences et des points touristiques de la region).
Tout ca en un temps assez reduit, puisqu'on prevoit de ne rester qu'un mois dans la communauté. Enfin les choses sont plutot bien parties et on est assez confiantes sur l'atteinte de nos objectifs! Reste à définir (gros morceau) la maniére dont sera gérée le projet aprés notre départ. Sans quoi on ne pourra pas partir en toute conscience!
A côté, on continue l'écriture de notre guide du tourisme responsable au Nicaragua (cf nos missions sur place, Nicaragua). Ce travail, et la préparation de la sensibilisation pour notre retour en France, constitueront la trame de fond des deux mois et des poussières qu'il nous reste sur le continent latino.
Pour les petites nouvelles de la communauté, ici c'est bel et bien l'été et il fait une chaleur assomante!
On n'a pas d'eau chez nous et le rio est vraiment tres bas. Enfin il y a quand meme assez d'eau (ca nous arrive a la taille, avant on avait pas pied) pour se baigner, faire la lessive, la vaisselle et remplir des casseroles d'eau pour faire des reserves pour la cuisine.
On a retrouve les habitants, leurs habitudes, et ca fait bien plaisir. Durant notre absence, il y a une petite fille qui est née, la fille de Roberto, et elle s'appelle... Maité Celina! Il nous a demandé d'être les marraines, donc voila, on a notre première filleule à Campo Cocha!
Sinon rien n'a vraiment changé en un mois, les enfants et les etudiants sont en vacances, tout le monde va travailler a 5h du mat dans la plantation, la musique quechua reste la même, la foret est toujours aussi mystérieuse, les coqs nous reveillent tous les matins, on se balade parfois en pirogue au coucher du soleil sur le rio, on a des yuca et des bananes plantains qui nous attendent dans la maison, et des mygales qui marchent par ci par la (on s'est bien habituees car ca ne nous fait plus rien de les voir, on les chasse avec un baton presque machinalement!). Et les moustiques aussi, bien évidemment, sont toujours bien la!!!
Des retrouvailles plutôt chouettes en conclusion!
On espère que chez vous tout va bien en cette période estivale :-)
A très bientôt pour la suite!
02.08.07
La petite perle
Un mois de Nicaragua derriere nous… qu’il s’en est passé des choses! Ce petit pays est la perle de notre périple! Il nous en a fait voir de toutes les couleurs, et ce dans tous les sens du terme.
L'hospitalite spontanée des Nica, une nature préservee, les impressionnants volcans, le melange des cultures, l'authenticité de l'ile Ometepe, l'esprit de la revolution toujours en arriere plan, et surtout, les nombreuses initiatives pour developper un tourisme responsable: que de découvertes!
Voila donc un petit apercu.
Notre projet!
Pour commencer, quelques mots sur notre projet pour ceux qui auraient omis d’aller jeter un coup d’oeil dans la rubrique “Nos mission”, sans quoi la lecture des paragraphes suivants n’aura pas beaucoup de sens!
Il s’agit d’ecrire un guide sur les possibilites de tourisme responsable au Nicaragua. Les posibilites sont enormes ici! Ce projet nous passionne, et c’est avec plaisir et qu’on travaille sur ce guide! Des precisions sur ce guide, ses objectifs et son contenu seront bientot disponibles dans la rubrique “Nos mission”.
Les Caraibes (ou une histoire mouillee)
C’est la premiere destination ou nous nous rendons, avec comme objectif de visiter 4 communautes qui recoivent des touristes. On y decouvre une culture tres particuliere: la-bas, les gens parlent anglais, creole ou miskito, ecoutent du reggae en mangeant du poisson et de la coco sur des hamacs. Les plages sont belles, le rythme est on ne peut plus detendu. C’est tellement different du reste du Nicaragua qu’on a du mal a croire que c’est un seul pays!
L'aventure est epique....et mouillee!!
Premiere epreuve, le trajet pour s’y rendre: on enchaine des camions baches, des voitures pourries et des especes de remorques pour enfin arriver, on ne sait pas comment.
On se rend alors dans notre premiere communaute, Awas. Un village au bord de la mer, dans des cabanes tres pauvres, sans aucun equipement que ce soit electricite, eau potable ou toilettes (dur dur dans ces conditions de recevoir des touristes). On dort dans une famille dans des hamacs au mileu de tous les enfants, on mange du ragout de poisson a la noix de coco, du pain de coco, on boit le lait direct dans la noix de coco, on chante avec les guitares. Plutot bien, mais dur d’avoir des infos precises sur le tourisme. En fait il n'y a aucune organisation claire.
Le lendemain, recherche d'un bateau en direction de la prochaine communaute, Kakabila. Mais il pleut des cordes aussi on doit patienter jusqu au jour suivant. Le jour suivant, donc, on se pointe tres tot sur le port des pecheurs. Justement trois types dans leur petit canoe a moteur viennent vendre leur poisson de Kakabila, ils vont rentrer donc on monte avec eux. Environ une heure de bateau, il se met a pleuvoir au milieu, les vagues, le petit bateau, Maite qui ecope...
Finalement on arrive degoulinantes a Kakabila, on est accueillies chez une femme de la communaute tres sympa. On discute avec plusieurs personnes du projet touristique, et ici on sent qu il y a un vrai potentiel.
Retour a la laguna de Perla, sans moteur cette fois ci. Nous voila ramant peniblement en compagnie d'un pecheur et d'une mama fort authentique; en plein milieu de la laguna, on se retrouve en pleine tempete: : on rame mais ca sert a rien, Maite ecope encore et toujours, on a trop peur de se renverser avec les vagues... a ce moment la on se dit qu on fait vraiment un stage bizarre quand meme! Finalement on arrive trempees, sans affaire aucune pour se changer... mais saines et sauves!
Le temps pluvieux ne nous permet pas de nous rendre dans les deux autres communautes: en raison du climat les bateaux ne sont pas autorise a quitter le port… il y en a bien qui partent, mais on se dit que ca ne vaut pas le coup de risquer nos vies pour un guide, si honorable sois-il !!
Les Caraibes donc, on reviendra sous le soleil… et on n’y enverra pas les touristes pendant la saison des pluies!!
L’ile d’Ometepe
Cette ile se situe sur le lac du Nicaragua, le lac le plus grand d’Amerique Latine. C’est un vrai petit bijou, un condense de tout ce que le Nicaragua compte de plus beau: 2 volcans, des hectares de foret semi-tropicale, des grandes plages de sable volcanique, des petits villages aux maisons colorees, des animaux en liberte (des chevaux, mais aussi des poules et des cochons par centaine!), sans oublier les habitants, tous plus accueillants les uns que les autres. L’ile est tres visitee, et de plus en plus, mais il semble que ses habitants ont conscience qu’il leur faut preserver les richesses de leur ile. Les infrastructures touristiques s’integrent bien dans le paysage, et les activites proposees sont proches de la nature (montee des volcans, ballades en cheval sur la plage, ballades en velo, visite des grandes haciendas et de leurs cultures). De plus, de nombreuses familles essayent de s’organiser pour recevoir chez elles des touristes, et il semble que ce tourisme familial, qui permette a un grand nombre de familla de beneficier du tourisme, et qui favorise un echange entre la population et les visiteurs de l’ile, a un bel avenir devant lui.
Nous qui etions la pour visiter tous les projets de tourisme responsable existants ou en voie d’etre crees, nous avons eut de quoi faire!!
On a quitte l’ile avec un seul souhait: on espere de tout coeur que ses habitants seront capables de maitriser le tourisme, (qui est appele a se developper encore) afin que cet endroit paradisiaque le reste!!
L’hospitalite des Nicaragueens
Les Nicaragueens sont tous (et sans exceptions!) tres accueillants, ouverts a la discussion, toujours prets a parler de leur culture, de leur histoire (notamment de la revolution, dont le souvenir reste tres vif dans les esprits), et a poser des questions sur la France. Ayant
L’anniversaire de la Revolution
On a fete l’anniversaire de la revolution a Managua, le 19 juillet. C’etait tres impressionnant. Tout le monde portait et agitait le drapeau sandiniste (rouge et noir), la tete de Sandino, mais aussi celle du Che, etaient omnipresentes sur les tee-shirts et divers posters, chansons revolutionnaires chantees a tue tete ("el pueblo unido jamas sera vencido" le peuple uni ne sera jamais vaincu, "viva Sandino!!!!!"), des gens partout dans les rues, sur les murs, aux balcons, sur les poteaux, les toits des voitures criant vive la revolution. Le soir, on a asiste au discours de Daniel Ortega le President, en compagnie tout de meme des presidents de Panama, Honduras, et.... Chavez en personne! Sans oublier le frere de Fidel Castro. Ambiance ultra antiamericaine assuree donc (on etait contentes d etre francaises!), et affichee haut et fort. Moment tres marquant et tres representatif de l’importance de la revolution pour le peuple Nica.
Dure realite
N’oublions pas que le Nicaragua reste un pays tres pauvre, et nombreuses sont les scenes de la vie quotidienne qui nous le rappellent. Comme partout ailleurs, la misere est beaucoup plus visible dans les grandes villes qu’en province.
Notre passage dans la decharge de Managua, fut un moment revoltant. La decharge est immense, et des familles entieres y vivent au milieu de la puanteur, des vautours, des chiens morts, des mouches, dans l’espoir de trouver des bouteilles en plastique ou canettes qu ils peuvent revendre ensuite…La situation est choquante, et probleme n’est pas simple. Le gouvernement a deja essaye de reloger ces familles, mais elles sont tellement marginalisees qu’il leer est difficile de reintegrer la societe et ses regles, et nombreuses de ces familles relogees sont retournees vivre dans la decharge.
Le nouveau gouvernement de Daniel Ortega a du pain sur la planche!
Merci donc a Touscan et a ses partenaires de nous avoir permi de decouvrir le Nicaragua de cette maniere! Sans leur aide, notre voyage aurait certainement eu une toute autre couleur.
06.07.07
Managua, linda Managua
Nouveau pays, nouvelle vie! Loin derriere nous la jungle, les quechuas et la chicha, nous voila au Nicaragua! Toute une autre histoire, une autre culture, des autres conditions de vie aussi. Pour l'instant c'est surtout la chaleur intense, les contrastes saisissants, l'hitoire des Nicaraguéens, les fruits de toutes les couleurs a n'en plus finir ou encore la nonchalence ambiante qui nous marquent le plus. Sans oublier le super accueil qui nous a été réservé!
A peine débarquées on a été super bien recues par les partenaires de Touscan à Managua (APRODESA et Caiem Sol). Rencontre aussi de la fondation Lucienerga qui promeut le tourisme communautaire au Nicaragua (entre autres), visite de l'ecole Rayita de Sol, rendez-vous à l'ambassade... en deux jours on n'a pas chomé! On fera un petit topo sur tous ces gens la dès qu'on sera un peu plus posées, ca regorge d'initiatives qui valent le coup d'etre mentionnées!
La suite du programme, c'est la rencontre de huit projets de tourisme communautaire dans deux regions du Nicaragua principalement: 4 communautés indigènes situées sur la Cote des Caraibes, trois autres initiatives de l'île Ometepee, puis pour terminer la réserve naturelle Flor près de San Juan del Sur.
Des rencontres pour observer, comprendre, échanger sur les différents projets, et aussi pour avoir encore plus d'idées pour la suite, mais surtout pour contribuer à la création d'un petit guide du Tourisme Solidaire au Nicaragua pour l'association Touscan.
Du boulot en perspective donc pour le mois qui vient, pas mal de réflexions aussi, mais le contexte plutot charmant devrait nous faciliter les choses :-)
Nicaragua, quand tu nous tiens!
28.06.07
Nicaragua nous voila!
Despida bien fêtée, sac à dos rebouclés, le projet communautaire en bonne voie, nous quittons aujourd'hui notre chère communauté de Campo Cocha en direction du Nicaragua.
Le coeur un peu lourd de nous séparer de nos compañéros, mais avec un réconfort quand même: retour prévu dans la communauté en Août! Et oui, nous, la vie en forêt, ça nous plait! Mais surtout, l'analyse touristique que l'on a faite pour évaluer le potentiel de la communauté est super stimulante, alors on a envie d'aller plus loin et de se lancer, avec eux, dans la mise en place d'un projet de tourisme communautaire vraiment interessant. Un seul petit hic: on n'en a pas encore fini avec les moustiques! On s'est grattées, on se gratte, et on se grattera encore! Heureusement on peut se refaire une peau neuve au Nicaragua avant ces 3 mois de combat qui nous attendent!
Mais pour l'heure, on est très contentes d'aller enfin découvrir ce fameux Nicaragua dont on a beaucoup entendu parler! Parées au décollage :-)
A plus pour la suite
(parce que les cles USB ne resitent pas à la lessive dans le rio, vous devrez attendre encore un petit peu qu'on s'en dégotte une nouvelle pour voir nos rapports et nos photos!)
10.06.07
un monde de BRUT
En pleine découverte dans la forêt amazonienne :-) Des choses agréables, notre mission qui avance bien, les mamitas qui préparent la fête des papas, les coeurs de palmiers et le riz aux papayes, le vidage de tripes des poulets, le foot avec les ninos, la fabrication du chocolat avec le cacao, quelques mots de kichwa... On se sent loin loin loin!!
Mais aussi en découverte de choses révoltantes :-( Et comme on se dit que c'est un peu notre rôle de vous les faire partager, parce que c'est ça aussi la réalité de l'Equateur, voila un message sur le monde du BRUT et ses ravages en Amazonie.
Face à l’opportunité que représente la découverte du pétrole dans les années 1970, le gouvernement équatorien a autorisé la prospection pétrolière, encourageant la colonisation et la déforestation ; peu important les conséquences désastreuses pour les habitants, les animaux et l’environnement. Oui le pétrole représente un revenu important pour les Equatoriens... enfin, plus clairement, pour les quelques Equatoriens qui contrôlent l’activité en collaboration avec les compagnies. La répartition des bénéfices de « l’or noir » n’a jamais été égalitaire et l’essentiel de la population indienne n’a pas vu son niveau de vie augmenter depuis les années 1970, quand il n’a pas diminué.
La construction des routes a facilité et encouragé la colonisation et la destruction de la forêt s’est accélérée. Les Indiens, qui dépendent des rivières pour l’eau potable et la nourriture, sont gravement affectés : les résidus pétroliers, les produits chimiques utilisés par cette industrie, l’érosion et les engrais contaminent les cours d’eau et tuent les poissons. Avec pour conséquences la destruction des écosystèmes fragiles de la forêt et un taux de cancer nettement supérieur à la normale. La vitesse à laquelle la forêt disparaît est effrayante, et la plupart des dégâts causés ne pourront jamais être réparés. Ce sont les poumons de notre planète qui sont aujourd’hui en danger.
En danger aussi les peuples autochtones. De par la colonisation, puisque ce sont des groupes ethniques entiers qui sont menacés d’extinction. Mais aussi de par le non-respect des droits humains. Racisme, non-respect des normes appliquées dans les pays développés, salaires de misère et temps de travail extravagants sont le lot quotidien de travailleurs indiens attirés par la possibilité de gagner quelques dollars. Mais la compagnie offre la chicha… c’est attirant ! Les Indiens, peu conscients de leurs droits, ne voient pas toujours comment l’encouragement de l’alcoolisme permet à la compagnie de maintenir un certain pouvoir. Lorsqu’on leur rachète leur terre, ce sont les négociateurs habiles de la compagnie qui imposent le prix, sans tenir compte de la valeur des pertes pour le propriétaire (c’est toute sa source de revenu qu’il cède !)…
Est-ce que c’est seulement quand il n’y aura plus ni arbres, ni eau, ni animaux, qu’on commencera à se rendre compte que l’argent ne se mange pas ?

















